16/05/2010

Service militaire (suite)

 

Le 25 octobre à 8h55 (13h55 heure belge), nous décollons pour atterrir à El Paso (Texas) à 14h10 (21h10 belge).

     Ce sont souvent les émotions les plus fortes qui restent gravées dans la mémoire et qui franchissent ainsi les années sans trop se défraîchir. Une de ces émotions fut l'atterrissage à El Paso.

     Le pilote fit une dernière approche en glissades successives sur les ailes.

     Cela consiste à placer l'avion perpendiculairement à l'axe de la piste, à prendre une inclinaison maximale dans l'axe du roulis et à glisser ainsi sur l'aile pointée vers le sol, en direction de la piste, pendant que l'autre aile était donc pointée vers le ciel.

     Ensuite, le pilote effectuait un virage serré de 180° pour recommencer la même glissade sur l'autre aile. Il répéta ainsi la manoeuvre plusieurs fois avant de remettre enfin le nez vers la piste et de se poser.

     Comme j'étais assis à côté de l'aile gauche, je me trouvais tour à tour avec le flanc gauche porté au ciel avec la pesanteur à compenser pour ne pas tomber à droite, puis après le vertige du virage serré et du basculement, je me retrouvais le flanc droit au ciel et le gauche attiré vers le sol avec l'aile gauche presque à la verticale sous moi, pointée vers le sol, accentuant encore mon vertige.

     Il fallait ajouter à cela la vibration des structures de l'appareil lorsqu'il était en glissade sur l'aile.

     Je ne cache pas que je fus soulagé de revoir la piste définitivement devant et quand nous nous sommes posés comme une fleur.

     On nous a expliqué, après coup, que cette technique d'atterrissage était utilisée lorsque la température extérieure était élevée et que des vents ascendants importants s'élevaient du sol sur la trajectoire de l'approche finale. C'était le cas à El Paso à cette heure chaude de la journée et compte tenu également du sable surchauffé du désert que nous survolions.

     J'ai mieux compris l'année suivante ces explications lorsque j'ai fait l'écolage de pilote civil de planeur à Saint-Hubert en mai 1964.

      L'évocation de ces sensations doivent faire doucement rire les jeunes d'aujourd'hui qui peuvent en connaître de plus fortes encore sur les attractions des foires et à Walibi. Mais pour quelqu'un qui n'avait jamais mis les pieds dans un avion et à une époque où les attractions des foires n'offraient que de bien modestes sensations, c'était "décoiffant".

      

                    VOIR : LES AILES BELGES

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A suivre...

12:23 Écrit par Guibert dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |